Le berceau de Narbonne est la colline de Montlaurès où dès le VIè siècle avant notre ère, la tribu des Elisyques avait établi son principal oppidum. En 118 avant JC, le sénat de Rome installe à proximité sa première colonie hors d'Italie. Ce sera Narbo Martius, future capitale de la Provincia Narbonensis. En 45 avant JC, César y implante les vétérants de sa Xème légion. La ville dont les romains ont fait un des plus grands ports méditerranéenes, connaît sa période de splenduer au 1er siècle de notre ère.

Aux IVè et Vè siècle, les invasions barbares mettent un frein à sa prospérité. Elle est livrée en 462 aux wisigoths qui en font la capitale de leur province de Septimanie, jusqu'à l'arrivée des arabes au début du VIIIè siècle. C'est Pépin le Bref et ses francs qui la reprennent en 759.

La période médiévale voit la cité partagée entre les pouvoirs féodaux de l'archvêque et du vicomte. La prospérité commerciale retrouvée dans une europe renaissante et la réactivation du port amènent au XIIè siècle l'émergence d'un troisième pouvoir: celui de la bourgeoisie marchande et de ses consuls.

Dès la fin du XIVè siècle, avec l'ensablement du port, les conséquences de la guerre de 100 ans, les grandes épidémies de peste de 1348 et la modification des courants d'échanges, Narbonne entame une longue phase de décadence. Elle jouera dès lors jusqu'au traité des Pyrénées en 1659, le rôle d'une place militaire proche de la frontière espagnole et demeurera jusqu'à la révolution une ville écclésiastique, siège de l'archevêque primat, président né des Etats Généraux du Languedoc.

Au mileu du XIXè siècle, la construction du chemin de fer et l'extension de la vigne redonnent à Narbonne une certaine prospérité. Mais "l'âge d'or viticole" sera de courte durée et depuis les tragiques journées de 1907 où le sang coula, la crise de la viticulture apparaît plus ou moins endémique.

A l'heure actuelle, la diversification des activités économiques et le développement touristique, redonne à Narbonne un bel avenir.

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Accolé au cloître et au chevet de la cathédrale, le palais des Archevêques est au coeur de la cité, à l'endroit même où passait au 1er siècle après. JC la voie domitienne. C'est un vaste complexe qui s'ouvre sur une façade rythmée par trois tours carrées : La Tour Madeleine, la Tour Saint-Martial et le donjon Gilles Aycelin. C'est entre ces deux dernières tours que se trouve la façade néogothique réalisée par Viollet-le-Duc au 19e siècle, l'actuelle Hôtel de ville de Narbonne. L'entrée du palais se situait au niveau du passage dit de l'Ancre, un nom qui évoque le passé maritime de Narbonne. De là, on pouvait accéder à la Cour Madeleine du Palais-Vieux, ou à celle dite d'"Honneur" du Palais-Neuf.

L'hotel de ville enrubanné pour les fêtes

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Au centre de la place de l'hôtel de ville  s'ouvre la Voie Domitia, vestige de la grande route romaine, tracée en Gaule à partir de 120 avant JC, par le Proconsul Cneus Domitius Ahenobarbus.

La via Domicia reliait l'Italie à L'Espagne. A Narbo Martius, elle rencontrait la via Aquitania, ouverte en direction de l'Atlantique, attestant dès cette époque le rôle de carrefour tenu par Narbonne.

Le vestige découvert à l'occasion de travaux, présente une portion de voie dallée de calcaire dur, marquée par de profondes ornières. Elle est bordée de trottoirs et de la base d'une fontaine.

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Le passage de l'ancre, entre les tours de la madeleine et St Martial, dont l'entrée est signalée par une vieille ancre de marine, symbole des droits féodaux détenus par l'archevêque sur la navigation littorale.

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Délaissont le centre historique et traversons le canal de la Robine pour aller vers les halles.

Le canal de la Robine relie de canal du Midi à la méditerrannée,; il traverse le centre ville.  Le Pont des Marchands au dessus de la seule arche visible du pont d'origine romaine qui en comptait 7, vestige de l'antique Via Domitia. Ce pont enjambait le lit de l'Aude et constituait la limite vers l'amont du port fluvial.

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Lieu incontournable de Narbonne: les Halles d'architecture Baltard du début du XXè siècle.

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Et au hasard de ma ballade

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Ainsi se termine ma visite de Narbonne. Ville passionnante pour qui aime le passé, les églises, les vieilles pierres et l'architecture.

Il reste encore beaucoup d'endroits à visiter, de belles ballades en perspective. Mais ce sera pour les beaux jours.