Aujourd'ui encore une grande ballade qui va me mener du musée du Luxembourg au jardin du Luxembourg en passant par la fontaine St Sulpice et son église.

Tout d'abord, petit tour au musée voir l'exposition Mucha.

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Né en 1860 en pleine renaissance nationale tchèque, Alphonse Mucha aspire à une nation tchèque indépendante de l'empire austro hongrois. A Ivancice, l'adolescent défend très tôt sa cause politique, en illustrant des magazines satiriques et en décorant des auditoriums. A Munich où il se forme au milieu des années 1880, Mucha devient la figure de proue des communautés tchèques et slaves.

Il arrive à Paris en 1887 et crée le "Lada", un club d'étudiants slaves, puis rejoint la communauté tchèque, la "Besada" qu'il présidera.

Il bénéficie du soutien financier du Comte Eduard Khuen-Belasi, suit pendant 2 ans les cours de l'académie Julian puis de l'académie Colarossi.Mais début 1889, le comte cesse de le soutenir; contraint de travailler, Mucha livre des illustrations pour des ouvrages et des revues.

Il accède à la célébrité en 1895, avec Gismonda, sa première affiche pour Sarah Bernhardt, la plus grande actrice de l'époque.

En tant qu'affichiste, Mucha développe un style très personnel, le style "Mucha" caractérisé par des formes sinueuses, mêlant jeunes femmes, motifs floraux et lignes ornementales, ainsi qu'une gamme de tons pastels. Ce style incarnera le mouvement émergeant à l'époque dans les arts décoratifs: l'art nouveau.

Biscuits Lefèvre-Utile, affiche et boite de 1897.

En 1896, Mucha commence à travailler régulièrement pour la célèbre biscuiterie française Lefèvre-Utile. Il exécute plusieurs dessins pour du matériel publicitaire et des emballages. Ce dessin est prévu à l'origine pour le calendrier LU de 1897; on y voit une jeune fille portant une couronne de blé et de coquelicots rouges qui propose une assiette de gaufrettes

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Le succès de Mucha comme affichiste lui vaut des commandes de conditionnements de produits. En 1896, alors qu'il travaille sur l'affiche du lance parfum "Rodo", on lui demande de dessiner l'étiquette et les boîtes des flacons de parfum. La composition de Mucha représente une femme faisant gicler le parfum sur son mouchoir à l'aide du pulvérisateur, qui est la grande caractéristique de ce produit et une nouveauté à l'époque.

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Affiches de 1899 pour les champagnes Moet et Chandon

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Mucha élabore son style décoratif en s'inspirant d'une variété de motifs ornementaux(japonais, celtiques, grecs, islamistes, gothiques et rococos) reproduits dans les ouvrages dont il dispose. Ses racines slaves en restent toutefois indissociables et accompagnent toute son évolution. A partir de1896, il intègre des éléments traditionnels de son pays d'origine sous forme de robes, de fleurs et autres motifs botaniques, inspirés de l'art et de l'artisanat populaire morave. Les halots très présents rappellent les icônes byzantines, tandis que les courbes et les dessins géométriques évoquent le décor des églises baroques tchèques.

Rêverie: lithographie de 1897

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Lithographie pour la campagne ferroviaire PLM en 1897

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Panneaux décoratifs de la série les arts, en 1898. Lithographies imprimées sur satin.

Dans cette série qui rend hommage aux 4 arts, Mucha associe chacun d'eux à une forme circulaire, à un motif végétal et à un moment particulier de la journée.

Ainsi pour la Danse, des feuilles tombent portées par la brise matinale. Pour la Peinture, une fleur rouge apparaît en pleine lumière derrières les arcs en ciel. Pour la Poésie, l'étoile du soir brille dans le ciel au crépuscule. Pour la Musique, des oiseaux chantent au moment où la lune se lève.

Mucha souligne ainsi le rôle de la nature comme inspiratrice de toute création artistique.

Mucha y réalise un style de composition harmonieux, qu'on appellera  plus tard la "formule Q". Cette formule combine un motif circulaire et une figure assise dont les jambes drapées forment la queue de la lettre. la silhouette sinueuse fait écho aus formes curvilignes créées par les cheveux fluides et autres motifs décoratifs.

La danse

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La peinture

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La poésie

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La musique

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Mucha et la "Divine Sarah"

Mucha a été invité à réaliser ce dessin pour annoncer un banquet prévu le 9 décembre 1896, en l'honneur de l'actrice, ainsi qu'un article qu'allait lui consacrer la revue La Plume.

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L'acrice Sarah Bernhardt a joué un rôle particulièrement important dans le parcours de l'artiste. La 1ère affiche qu'il réalise pour elle, Gismonda, va le rendre célèbre du jour au lendemain.

Il la rencontre pour la 1ère fois vers la fin de 1894. Un peu plus tard, au moment de Noël, il exécute par hasard une affiche pour la pièce Gismonda. Quand l'actrice voit le dessin, elle aurait dit: "Ah! Que c'est beau! Dorénavant vous travaillerez pour moi, près de moi. Je vous aime déjà!"

Sortie dans tout Paris le 1er janvier 1895, l'affiche connaît un succès immédiat. Fidèle à sa parole, l'actrice signe avec Mucha un contrat de 6 ans et le charge de réaliser des décors de scènes, des costumes et des affiches. Il va ainsi exécuter 6 autres affiches pour ses spectacles. Dans toutes ces compositions, l'artiste applique les mêmes principes: un format long et étroit avec une seule figure, l'actrice en pied placée en hauteur dans une niche peu profonde.

La Dame aux camélias de 1896. Camille l'héroïne, y apparaît en parisienne moderne dans une robe chic.

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Gismonda, affiche de 1894.

Première pièce de Victorien Sardou. Mucha dépeint le personnage sous les traits d'une noble byzantine, coiffée d'une couronne d'orchidée et une palme à la main.

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Hamlet, affiche de 1899.

Mucha présente la figure solitaire d'Hamlet sur fond de voûte richement décorée de motifs celtiques.

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Lorenzaccio, affiche de 1896.

Tout en représentant Lorenzaccio en jeune homme fringant dont l'élégante silhouette en S se détache sur fond de baie cintrée, Mucha se concentre sur l'expression de l'actrice au moment où elle interprète le héros contemplant sa victime.

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De 1885 à 1890, la renommée de Mucha s'accroît et l'Art nouveau déferle sur toutes les grandes villes d'Europe. En 1900, il est un maître de l'affiche et le décorateur le plus recherché.

Il est ainsi associé à de nombreux projets en lien avec l'exposition universelle de Paris en 1900. Il décore notamment le pavillon de Bosnie Herzégovine.

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Affiche pour le pavillon autrichien

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Menu du restaurant du pavillon bosniaque

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1906, Mucha réalise les emballages pour les savons Mucha.

Emballage pour les savons à la violette

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Présentoir comprenant 4 panneaux miniatures pour les savons: lilas,violette, bois de santal et heliotrope, pour Amoue and Co - Chicago.

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A l'automne 1894, Mucha rencontre l'auteur suédois August Strindberg. Mystique il est profondément intéressé par l'occultisme et la théosophie. Mucha développe l'idée que des forces mystérieuses guident la vie de chacun. Cet attrait le conduit a entrer en 1898 au Grand Orient de France, l'obédience maçonnique la plus ancienne et la plus importante d'Europe continentale.

Avec son art, Mucha pense contribuer au progrès de l'humanité.

Dessin final du vitrail de la cathédrale St Guy (ou St Vitus) à Pragues en 1931

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En 1910, Mucha retrouve sa terre natale pour réaliser son ambition de toujours: mettre son art au service de son pays. Grâce au mécénat de Charles Richard Crane, il poursuit cet objectif avec énergie. En 1911 après avoir achevé la décoration du salon du maire de Prague, il s'installe au château de Zbiroh en Bohême occidentale et se concentre sur le projet de "L'Epopée slave".

Un appel éclatant à l'unité, destiné à inspirer et guider tous les slaves sur leur avenir, en les incitant à tirer les enseignements de leur propre histoire.

Mucha accompli un travail préparatoire considérable: il lit, consulte des savants,effectue des voyages en Croatie, en Serbie, en Bulgarie, au Monténégro, en Pologne, en Russie . Il dessine, photographie et étudie les costumes et traditions locales.

Affiche pour la chorale des professuers moraves; 1911

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Le 15 mars 1939, les allemands font leur entrée dans Prague. La patrie de Mucha perd son indépendance. Mucha, à la fois personnalité en vue et franc maçon est l'un des premiers à être arrêté par la Gestapo. Découragé, souffrant d'une pneumonie, il décède à Prague le 14 juillet 1939.

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Assurément une très belle exposition. Un gros bémol toutefois au niveau de l'organisation: il y avait un monde de folie; les salles étant petites, on se marchait dessus, on avait du mal à voir les panneaux; les gens se bousculaient, passaient devant l'objectif. De plus il y avait beaucoup de petites classes d'enfant de CP ou CE, qui couraient partout avec leur dépliant, crayons et autocollants. Une vraie galère! J'ai du renoncer à 3 salles tellement elles étaient bondées!

C'est dommage. Un peu plus de rigueur et d'organisation aurait ravi tout le monde.