Petite ballade médiévale à la rencontre des vestiges de ce charmant petit village, calme et paisible, tout près de Narbonne. Il se trouve à l'intérieur des terres et est construit sur une colline. Un parcours fléché d'environ 45 minutes pour un saut dans le Moyen Age.

Mais d'abord un peu d'histoire grâce aux infos trouvées sur le site de l'office du tourisme.

Fleury d’Aude et ses environs sont habités depuis très longtemps puisque l’homme serait apparu pour la première fois dans le massif de la Clape (de l’occitan Clapas : amas de pierres), au «Néandertalien», il y a près de 100 000 ans.

En témoignent les nombreux vestiges trouvés au cours des fouilles ou même des labours.

Ce sont des pierres taillées ou polies ou des choppers (nom que les archéologues donnent à un outil façonné par éclatement d’un galet sur une seule face); puis en suivant l’évolution des civilisations on retrouve des pendentifs de l’âge de bronze et des urnes funéraires renfermant des bijoux ou des armes en fer, ces dernières caractéristiques des civilisations dites hallstattiennes qui prouvent qu’une importante population celtique vivait déjà sur ce sol 1000 ans au moins avant JC.

Plus tard, bien plus tard, Hannibal aurait traversé la Clape par Gruissan et Fleury à la tête d’une armée de 60 000 hommes pour attaquer la puissante Rome. Il faudra en effet attendre l’occupation romaine, pour que le village de Fleury prenne son nom d’origine : Pérignan. Cette dénomination provient sans aucun doute du nom du Romain, Pérignanus, responsable de la bourgade à l’époque latine. Il faut noter que le suffixe «an» ne serait pas seulement un raccourci du nom de Pérignanus, mais qu’il s’agirait plutôt d’une marque très fréquente à la fin des noms des villages audois telle qu’on la retrouve dans Lespignan, Marcorignan, Gruissan, Vinassan, etc…, et qui désigne un regroupement de terres.

La famille Pérignan occupera d’ailleurs une place importante bien après la dénomination du lieu, puisqu’on la retrouve encore au moyen-âge à la tête des terres du village. Pendant tout ce même moyen-âge, ce qui est devenu entre-temps la Baronnie de Pérignan - instituée par Hugues Capet au profit du Vicomté de Narbonne - dépendra donc tantôt de ces mêmes Barons de Pérignan, tantôt de leurs suzerains, les Vicomtes de Narbonne. Cette baronnie connaîtra aussi le sort de tous les biens fonciers de l’époque : conquis, échangés ou vendus, morcelés, tantôt propriétés privées, tantôt Biens de la Couronne… C’est sous le règne de Louis XV que Jean-Hercule de Fleury neveu du Cardinal de Fleury Précepteur du jeune Roi, obtint de la Reine que la Baronnie soit érigée en Duché. Les descendants auront donc le titre de Ducs de Fleury, Seigneurs de Rocozel, Barons de Pérignan et Pairs de France. Le dernier possesseur de ce Duché, le Duc Rosset de Rocozel émigra en 1794 et ses biens furent confisqués et vendus au profit de la Nation. Pendant la Révolution française Fleury reprit son nom de Pérignan pour retrouver celui de Fleury, sans doute sous Charles X. C’est à cette même époque que la Commune perdit au profit de sa voisine aujourd’hui héraultaise, l’étang de Vendres qui était anciennement intégré à son domaine.

En arrivant dans le village le 1er édifice que l'on voit c'est l'imposante église St Martin que nous n'avons pu visiter car comme bien d'autres, elle était fermée.

2 église

L’église paroissiale est très ancienne, puisque sa construction débuta au XIème siècle, et qui présente à la fois des éléments du style roman et du style gothique. Après des modifications, notamment au XIXème siècle, elle a connu depuis les deux dernières décennies des embellissements successifs. Elle s’est trouvée ainsi progressivement dégagée des bâtiments d’habitation qui lui étaient mitoyens, sans parler du «chalet de nécessité» qu’on avait à une certaine époque accolé à ses murs et qui survécut jusqu’au début des années 80 ! La façade extérieure est désormais classée «Monument historique» et on peut admirer à l’intérieur, entre autres, l’escalier du clocher qui date du début du XVIIIème siècle, ainsi que les vitraux authentiques qui évoquent pour certains les hauts faits du Patron du village, Saint Martin. Son chevet fabriqué en pierres de taille et ses colonnes présentent par endroits un décor de torsades ou d'entrelacs végétaux.

1 église

3 église

4 église

5 église

6 église

7 église

8 eglise 1

9 eglise 2

8 puits

9 fontaine

10 croix de malte

11 croix de malte

Puis nous entamons le parcours en nous dirigeant vers la rue des Barris

La rue des Barris (en occitan les faubourgs), qui accueillaient et accueillent encore les grandes maisons viticoles. La tradition, l’architecture locale mais aussi l’économie font que ces demeures s’accompagnent de «caves» (grandes remises) intégrées ou contiguës à la maison d’habitation, présentant régulièrement des ouvertures en arc, dites de plein cintre, ainsi que des «chasse-roues» qui permettaient de protéger notamment les bâtiments d’angle des dégradations des charrettes. L’étage de ces caves est traditionnellement agrémenté de portaillères (grandes fenêtres de grenier) qui permettaient de hisser les matériaux ou le fourrage à l’aide d’une potence et d’une poulie

12 rue Barris

13 rue Barris

14 rue Barris

La Tour Balayard .

L’élément le plus ancien et le plus préservé du village semble être la Tour Balayard, qui est sans doute d’origine wisigothique, et qui servit tour à tour, ou simultanément, de tour de guet, de tour de défense et même de pigeonnier seigneurial comme le prouvent les nombreuses alvéoles qu’elle contient, qui permettaient aux pigeons de nicher (à cette époque, l’élevage des pigeons était en effet réservé aux seuls seigneurs puisque ces volatiles voraces ravageaient les semences et les cultures…).

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Tout à côté se trouve la maison commune

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Puis nous remontons la rue étroite qui porte bien son nom

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Pour arriver le long de ce qui reste des remparts de l'ancien château.

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23 remparts 1

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Pour arriver dans une rue et sur une place, aujourd'hui servant de parking, au nom très étrange

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Autour de l’actuelle place du Ramonétage, située sous la Terrasse, figurait l’ensemble des écuries des Seigneurs surmontées par les demeures des Ramonets, mot qui désignait au départ un lien de vassalité entre les seigneurs du Midi et les puissants Raimonds, comtes de Toulouse (ramonets signifiant petits sujets de Raimond), et qui par extensions successives a fini par désigner les ouvriers chargés de s’occuper des chevaux !

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Une ruelle très pentue que nous remontons nous fait arriver dans ce qui était autrefois la cour du château et qui sert aujourd'hui de parking aux habitants.

Le vieux village est construit autour du point culminant de Fleury, la Cour de la Terrasse, qui était en fait la Cour d’Honneur du Château. Partant de la Terrasse, un réseau de souterrains permettait de fuir le château en cas de danger.

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Redescendons maintenant à la recherche de la Chapelle des Pénitents, encastrée dans les habitations.

La Chapelle des Pénitents, visible dans la rue du même nom, faisait anciennement partie intégrante du château et était donc réservée aux dévotions des chatelains du lieu. Elle fut cédée par la suite à la confrérie des Pénitents Blancs, puis désacralisée au début du XXème siècle.

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et nous finirons notre parcours vers la très étrange maisons des chiens.

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et quelques détails au gré de notre déambullation.

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Ainsi se termine notre ballade médiévale dans le village. C'est une très bonne idée ce parcours fléché, même s'il est parfois difficile de trouver les lieux indiqués par les panneaux (nous avons ainsi raté les fortificcations).

Nous reprenons la route pour faire quelques kilomètres afin d'aller voir la Chapelle de Notre Dame des Liesses.

A suivre donc....