L'exposition Daimyo seigneurs de guerre au Japon,réunit un ensemble issu des collections françaises, privées mais aussi publiques, soit 33 armures et de nombreux autres éléments qui restituent le faste et la grandeur parfois austère, des atours et objets associés à l'armement des grands seigneurs japonais.

Le choix de chacune des pièces, pour beaucoup inédites, s'appuie sur leur importance historique, leur valeur formelle et esthétique, leur état de conservation.

L'exposition  se déroule sur 3 lieux:

-le musée Heidelbach, qui introduit l'exposition en mêlant armures, casques extraordinaires, armes et textile.

- le musée Guimet avec 11 armures.

- et le Palais de Tokyo qui expose des armures mises en scène par le regard de l'artiste George Henry Longly (là je suis restée septique comme vous le verrez dans la 3ème partie).

Les oeuvres présentées se rattachent aux Daimyo, les plus puissants seigneurs du Japon, tenant des fiefs. Elles couvrent une large histoire allant de l'époque de Muromachi (1333 - 1573) à la fin de lépoque d'Edo (1603 - 1868). Les fiefs coincident à peu près avec le découpage des préfectures actuelles.

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Le mot Daimyo, moins connu que shogun (général) ou samouraï (militaire), désigne les grands gouverneurs provinciaux issus de la classe militaire. Les Daimyo sont indissociables du système de gouvernement territorial dominé par le shogun.

Le 16è siècle marque leur âge d'or: ils sont presque indépendants du pouvoir central sur fond de combats permanents qui prennent fin après la bataille de Sekigahara (1600). Le titre de Daimyo est alors concédé à près de 200 chefs de domaines, suivant leurs revenus calculés en boisseaux de riz. Liens de famille avec le shogun et ralliements durant les luttes internes établissent une hiérarchie stricte entre les Daimyo.

Au 17è siècle, les Daimyo connaissent leur apogée. A l'inverse, au 18è siècle, l'élévation de la classe marchande et le développement des grandes villes les affaiblissent. Le sankin kotai (rotation de service) leur  impose de résider à Edo, capitale shogunale, en alternance avec des membres de leur famille tandis qu'ils sont sur leurs terres. Cette prise d'otages inhibe toute rébellion et pèse sur les Daimyo, contraints de dépenser pour leur fief en province, leur résidence à Edo et la procession de leur suite (palanquins, gardes en armures, serviteurs portant les effets de la maisonnée), suivant les 5 routes principales entre les grandes villes et Edo. Leur résidence peut s'y étendre à tout un quartier afin d'abriter une nombreuse maisonnée.

Aus 18 et 19è siècle, des seigneurs éclairés (meikun) assurent le développpement économique de leurs provinces, préparant la grande modernisation du Japon à partir de l'ère Meiji (1868). En 1871, les anciens fiefs sont abolis.

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Les casques extraordinaires

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Les jinbaori

textile

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Montures de sabres

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Les éventails

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Les masques

Les protections du visage ont connu des évolutions au fil du temps.

Le Happuri, carapace de métal d'un seul tenant, parfois laquée, protège front et joues, laissant la zone des yeux dégagée. A l'époque de Muromachi (1333 - 1573), il cède le pas à la mentonnière (hoate) servant au départ à faciliter le maintien du casque. L'apparition du demi masque (menpo), montant jusqu'aux yeux, coïnciderait avec celle des armures dites "modernes", au 16è siècle. Les formes et expressions du menpo sont nombreuses ou représentent diverses déités.

Le somen couvre tout le visage et se prolonge par un gorgerin articulé. Son existence remonterait à la fin de l'époque de Muromachi; il aurait été rapidement abandonné du fait de son manque de commodité car à l'exception des somen démontables, pouvant devenir menpo ou hoate, il ne présente aucun avantage fonctionnel. Il faut donc le comprendre comme un objet de présentation réservé aux seigneurs de haut rang.

Dans la plupart des cas, menpo et somen sont pourvus de moustache. Certaines peuvent atteindre des proportions impressionnantes, indice d'une symbolique "totémique", tant ces avantages contrastent avec la faible pilosité des japonais.

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Et pour finir, quelques armures

Au Japon, les ressources naturelles et les conditions géologiques expliquent le développement de la métallurgie du fer et de l'acier, employés pour l'armement. Le bois y abonde. En outre le minerai de fer y est très pur presque exempt de phosphore et de souffre.

La relative plasticité du métal japonais éclaire les conditions de réalisation des cuirasses au décor martelé en relief ou des casques. La forge japonaise a permis la création d'armures résistantes aux armes tranchantes. Elle a produit d'exceptionnelles lames de sabre.

Le fer peut être laissé au naturel ou recouvert de laque. Cette substance végétale visqueuse, parfaitement imperméable, offre une protection parfaite contre la corrosion. Elle présente, outre sa résistance mécanique, d'intéreaantes qualités esthétiques; elle peut être posée directement sur le métal ou sur un sous couche de métal précieux, servir de médium à des éléments concourant au décor. Les techniques connaissent un premier apogée au 17è siècle.

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Et maintenant en route pour le musée Guimet pour d'autres armures.....