Continuons notre balade pyrénéenne, direction la ville médiévale et historique, fortifiée pa Vauban: Villefranche de Conflent. Nous ferons un tour dans la ville puis grimpette au Fort libéria; nous ne ferons pas les remparts ni la Cova Bastera, fermés à cette période de l'année.

A l'endroit le plus resseré de la vallée de la Têt et au confluent avec la vallée du Cady, la cité médiévale de Villefranche de Conflent est fondée en 1092 par le Comte de Cerdagne Guillaume Raymond sous le nom de Villa Libera et devient capitale du conflent sous le nom de Villafranca. Celui çi créé immédiatement un marché et une église afin de favoriser le développement de la population. occupant une position stratégique, la cité est le point de passage obligé entre la Cerdagne et le Roussillon.

Sa devise, "Caput et Clavis", la tête et la clef, résume son rôle initial de capitale et de verrou du confluent. La tour d'En Solanel ainsi que l'église St Jacques sont élevées dès la fin du XIè et combinées sur les hauteurs environnantes, à une série de tours de surveillance reliées par des signaux optiques qui seront détruit à la révolution.

Les remparts ainsi que la tour de la Viguerie ont été renforcés par les fortifications de Vauban au XVIIè. Il adapte les remparts sur 2 niveaux, ajoute des bastions et fait construire sur les hauteurs Fort Liberia, faisant de Villefranche un modèle unique de défense.

Les remparts de l'extérieur

rempart 1

rempart 2

rempart 3

admirez au passage le marbre rose utilisé sur certaines parties des remparts

rempart 4

Le pont levis

pont levis

Une porte d'entrée et son mécanisme

entrée

La maquette de la ville

maquette

Pour tenir compte de l'étroitesse de la vallée, le plan d'urbanisme qui se met en place se structure autour de 2 rues parallèles, dites St Jean et St Jacques. La 1ère débouche de part et d'autre sur 2 portes: vers la Cerdagne à l'ouest; et vers Perpignan à l'est. Par le passé, l'activité textile comme celle du fer et du cuir, mais aussi de la boucherie, se concentraient le long des 2 rivières. Aujourd'hui se sont les boutiques et restaurants qui ont pris la place.

Portes

portes

Rues

rues

L'église romane du XIè.

eglise 1

Réalisé en marbre rose au XIIè, le grand portail de l'église est typique de l'art roman catalan. Les sculptures de ses chapitaux furent réalisées par l'atelier de St Michel de Cuixà.

eglise 2

eglise 3

Sur le côté gauche se trouvent 3 canelures verticales gravées dans le marbre. Ce sont des unités de mesures. La plus longue (environ 2 mètres) est la mesure de Montpellier; à côté la mesure de Cassel (Belgique) de 1,61mètres; et la plus courte (1,25 mètres) est celle de Coppenhague au Danemark. Les commerçants calibraient leurs règles de mesure (appelées aune) sur ces étalons de marbre afin d'éviter toute contestations, lors des échanges commerciaux.

mesures

Face à l'église, de l'autre côté de la place, l'hôtel de ville et son beffroi.

Aujourd'hui siège de la municipalité, il fut longtemps le siège de la viguerie du conflent. Sa construction remonte au XIIè de même que la tour beffroi.  Sur le mur on voit le blason de la ville. Il est composé de 2 tours, une étoile et de l'eau, surmontées par les couleurs catalanes et la couronne d'Aragon. Stylisé, le flot évoque le confluent de 2 rivières: la Têt et le Cady, là où  se trouve la ville.

La devise latine: "non commovebitur" signifie "je demeurerai inébranlable".

hotel de ville

blason

La tour du Viguier, construite en 1200 est intégrée à l'hôtel de ville actuel pour lequel elle servait de prison. Le viguier était le juge qui représentait le pouvoir juridique et administratif du roi. Il rendait la justice en son nom.

Elle a la forme d'un carré de 7 mètres de côté pour une hauteur de 20 mètres. Le beffroi pyramidal qui la surmonte est mis en place lorsque la commune obtint le droit de cloche en 1623.

Durant des siècles cette bâtisse fut avec l'hôtel de ville, le siège de la viguerie de conflent et marquait le pouvoir du Comte.

beffroi 1

beffroi 2

Les casernes

Dès 1668, les menaces d'incursions des espagnols reprennent. Louis XIV, soucieux d'avoir une suprématie sur l'Europe, prend alors la décision de fournir à moyen terme, un effort important pour la défense des Pyrénées. Commencés, puis arrêtés, les travaux reprennent en 1671,sous la direction de Vauban,  permettant le rehaussement général des murailles. En avril 1672, l'imminence d'une guerre avec l'Espagne entraine la nécessité de construire des casernes. Celles de Villefranche doivent permettre de loger 200 soldats dans 80 lits. Les officiers sont logés chez l'habitant.

caserne

Et pour finir, quelques jolies enseignes

enseignes 1

enseignes 2

Voilà pour ce tour de ville.

maintenant il nous reste à traverser la rivière pour partir à l'assaut du Fort Liberia. cela promet une sacrée grimpette!!!