Un chantier de charpenterie de marine
Etant privée de grimpette et chemin caillouteux pour cause de claquage, nous avons opté pour une ballade tranquille sur chemin plat: la visite du chantier de charpenterie maritime de Narbonne.
La route longe l'étang de Gruissan et du Capitoul, déjà un peu asséchés.
Puis nous arrivons à l'écluse de Mandirac, écluse à bassin simple
En amont
en aval
Et 200 mètres plus loin au chantier
Constitué d’une équipe d’une dizaine de personnes en insertion professionnelle, le chantier de charpenterie de marine du Parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée est dirigé par Yann Pajot, charpentier de marine et expert auprès de la DRAC.
Le chantier charpenterie de marine du Parc est emblématique en France. Il œuvre pour la conservation du patrimoine maritime et fluvial national. Son équipe travaille toute l’année entre le domaine du Grand Castélou et l’écluse de Mandirac à Narbonne pour entretenir et restaurer le patrimoine maritime et fluvial languedocien en mettant en œuvre des techniques traditionnelles de charpenterie de marine.
En ce moment, il est par exemple possible d’y admirer la goélette Miguel Caldentey en fin de restauration (en partenariat avec le SIVU “Pailebot Miguel Caldentey”) et le dernier bateau bœuf de la méditerranée Française « l’Esperance » propriété de la ville d’Agde.
Un projet naissant devrait y voir la reconstruction d’une embarcation romaine découverte lors de fouilles archéologique proches.
Porté par le Parc naturel régional, financé par l’Europe, l’État, le département de l’Aude et Le Grand Narbonne, ce chantier est axé sur la réinsertion socio-professionnelle au travers de la restauration d’un mobilier classé.
Le Miguel Caldentey
Le Principat de Catalunya ou Miguel Caldentey est construit de 1913 à 1916 dans un chantier naval de Palma de Majorque aux Îles Baléares par le maître charpentier Don Sebastien Llompart Mateu, spécialiste de ce type de construction, la goélette type « pailebot » fait partie des derniers bateaux de charge, conçu uniquement pour une propulsion à la voile. Baptisée sous le nom de Miguel Caldentey, son propriétaire de l’époque, la goélette catalane (ou pailebot) transporta pendant un demi-siècle des céréales, des agrumes et du bois, entre Majorque, Valence, Barcelone, Port-Vendres, Sète et Marseille. Acheminé par la route, la goélette, classée nationalement au titre des monuments historiques depuis 1988, est présente sur le chantier de charpenterie depuis janvier 2007.
détail de la proue
calfatge à l'ancienne: une corde de chanvre est insérée dans les interstices du bois. Une fois mouillée elle gonfle, colmatant ainsi les interstices et assurant une parfaite étanchéité.
L'espérance
Celui là paraît abandonné; il n'en n'est rien; la restauration avance,mais pour l'instant les élèves charpentiers travaillent en atelier sur les membrures du bateau qui vont lui redonner sa forme
Construit en 1881, l’Esperance est le dernier bateau bœuf de Méditerranée. Unique en son genre, (Ces types de bateaux de pêche fonctionnaient alors en duo, reliés par le filet qu‘ils traînaient de concert, d’ou leur nom )c’est également le plus vieux bateau de travail à voile des côtes de France. Resté coulé plusieurs années dans le port d’Agde dans l’Hérault, il été renfloué en 2012, puis transporté sur le chantier de charpenterie de marine quatre ans plus tard pour être restauré.
C’est dans un stock de plus de 70 m3 de troncs d’arbres constitué par l’un des dernier forestier de bois de marine, que Yann Pajot a pu sélectionner les arbres nécessaires pour la restauration. Le bois, livré au Domaine du Grand Castelou, va maintenant permettre de débuter la restauration de l’Esperance et plus spécifiquement de la charpente transversale, qui constitue le squelette du bateau.
Sur l’Esperance, l’équipe démonte les membrures du bateau. Cela va leur permettre de redessiner la forme du bateau et de préparer les gabarits pour se lancer dans la construction des pièces de charpente !
crédit photo pour cette dernière: PNRNM
Voilà une visite vraiment intéressante et une belle initiative. Il est dommage de laisser à l'abandon des bateaux témoins de notre héritage culturel.
Nous poursuivons notre route vers le Grand Castelou, objet de deux belles ballades sur terrain plat.


















