On ne peut pas quitter Aigues Mortes sans aller voir la tour Carbonnière, placée en plein milieu des marais.

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Les marais sont une vaste étendue de zones humides de plus de 750 ha, fait de roselières, jonchaies et enganes.

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Ils sont le refuge de très nombreuses espèces animales allant des échassiers aux grenouilles, petits passereaux, rapaces et même tortues (que je n'ai pas vue). Ce jour là il n'y avait que des garzettes.

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" En même temps qu'il lançait l'édification de la tour de Constance, Louis IX faisait jeter sur le Vistre, vers 1240, un pont à la Carbonnière, suivant les mêmes techniques de construction sur pilotis.Ce pont installé en dehors des limites de la ville, au milieu des terres de l'abbaye de Psalmodi, mettait en relation la future cité avec le nord du royaume et permettait d'acheminer vers le port, les matériaux,les hommes et les marchandises.

A la fin du même siècle, une tour fut élevée sur le pont pour achever vers le nord, l'ensemble des fortifications mises en place par Philippe III Le Hardi et Philippe IV Le Bel. "Clé du royaume", défendant la cité contre d'éventuelles invasons par voie d'eau ou par voie terrestre, la tour était défendue par une garnison conduite par un "châtelain de la tour".

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Dressée sur la seule voie terrestre conduisant à la ville et au port d'Aigues Mortes, la tour carbonnière a très vite abrité un péage: hommes, animaux et marchandises qui entraient ou sortaient de la ville devaient s'acquitter d'une taxe dont étaient exemptés les Aigues Mortais et le moines de l'abbaye de Psalmodie. La perception de cette taxe à parfois conduit à des excès et soulevé l'indignation des gens de commerce du pays.

L'histoire de la tour est mouvementée. Commandant l'accès à la ville, elle a été convoitée par les deux partis au cours des guerres de religion, passant des mains des catholiques à celles des protestants. Confiée aux Réformés à partir de 1576, elle sera à nouveau l'objet de luttes au début du XVIIè, jusqu'à la paix d'Alès en 1629."

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Le bossage rustique des parements calcaires, les voûtes d'ogives, la forme des archères et des chambres de tir, l'organisation des espaces intérieurs sont similaires à ceux de la ville fortifiée d'Aigues Mortes.

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Le passage du rez de chaussé est couvert de voûtes d'ogives: les nervures chanfreinées retombent sur des culots polygonaux et se réunissent sur une clé annulaire formant assomoir. La défense est assurée par 5 archères dont certaines sont prédédées d'une chambre de tir.

La salle d'étage dévolue à l'abri de la garnison et à la manoeuvre des herses, est couvertes de deux voûtes d'ogives de largeurs différentes. Dans un renfoncement se trouve la chminée. Le décor est inexistant.

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La tour en elle même ne présente pas vraiment un grand intérêt, si ce n'est historique. Mais si vous montez la soixantaine de marches pour accéder à la terrasse vous avez une vue superbe sur tout les marais et le Vistre.

Photos du haut: l'étang d'or, vaste lagune de 3000 hectares

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et sur le chemin du retour j'ai eu la chance de capturer en plein vol (il ne se pose que très furtivement) un très bel anax napolitain.

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Ainsi se termine notre escapade en camargue. Une région qui m'a vraiment beaucoup plu, que je re découvre totalement avec plaisir. Sûr que j'y reviendrais car il y a d'autres coins à découvrir.