Après la visite de la ville, prenons de la hauteur et montons à l'assaut des remparts.

Les 1640m de fortifications de la cité sont élevés en deux vagues de construction: la première sous Philippe III le Hardi et la seconde sous Philippe IV le Bel qui fait achever l'enceinte entre 1289 et 1300. Celle-ci sera adapté aux nouvelles armes des siècles suivants, surtout dans sa partie nord plus exposée aux attaques. Les structures de bois, les toitures et les fossés ont disparu.

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Les remparts

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Le rempart nord:

C'est de ce côté que se situait le canal qui menait au 1er port. La lagune représentait une protection naturelle; c'est de ce côté que pouvait venir le danger, aussi a t-on insisté sur la qualité des défenses.

Les 520m de fortifications comprenennent 3 types de tours: 2 tours de flanquement( la tour de la Mèche et celle du sel), un ouvrage d'entrée (la porte de la Gardette) et 1 tour d'angle (la tour Villeneuve).

Les courtines en léger surplomb sur l'intérieur de la ville ont un garde coprs très élevé de 2m et comporte des meurtrières pour les armes à feu, aménagées au XVIIè.

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Le chemin de ronde contourne les tours par l'arrière, sauf la tour de sel qu'il traverse.

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Les tours du rempart est ont été un refuge habituel dans les luttes entre catholiques et protestants.

Le rempart sud était naturellement utilisé depuis l'antiquité par la navigation et dispose d'un débarcadère dès 1278.

Le rempart ouest abritait le quartier nord ouest, quartier militaire, avec la place d'armes et le logis du gouverneur.

La plupart des tours renferment de nombreux panneaux expliquant la vie à l'époque médiévale,

Un petit cours d'architecture de défense.

Plusieurs parties composent les fortifications d'une ville, servant à la défense en cas d'invasion.

La herse est une grille de fermeture d'une porte glissant dans des rainures verticales, manouevrée au moyen d'un treuil.

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L'archère est une meutrière pour le tir à l'arc, ayant la forme d'une fente veticale, placé tout le long de l'ouvrage. A Aigues mortes, les chambres de tir des salles basses sont rectangulaires avec des banquettes de chaque côté.

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L'assomoir est une ouverture pour le tir fichant, percée dans la voûte d'un passage au dessus et en avant d'une porte.

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La bretèche est une petite loge rectangulaire en surplomb, le plus souvent au dessus d'une porte. le sol est percé de trous pour le tir fichant (3)

La courtine quand à elle, est un pan de muraille compris entre 2 tour. Un chemin de ronde la parcours en son sommet. le créneau est une entaille rectangulaire dans le parapet et le merlon. (5)

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Le hourd est une coursière en bois formant un surplomb en couronnement d'une courtine, d'une tour ou de l'ensemble d'une enceinte. Il permetde battre le pied des murailles en tir fichant. Il n'en subsiste aucun à Aigues Mortes.

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Il n'y a pas à dire: en matière de défense, ils savaient y faire à cette époque. pas étonnant que la ville n'est jamais été assiégée.

Restons dans le système de défense, avec l'artillerie, dont le principe est de lancer des pierres et des traits enflammés ou on. L'artillerie à feu n'apparaîtra qu'au milieu du XIVè. Explications données aux visiteurs toujours grâce aux panneaux.

La catapulte, engin à ressor. On peut régler la hauteur du tiret sa précision en fonctionde la distance.

Le trébuchet à levier fonctionne sur le principe de la fronde. La vitesse donnée par l'arc de cercle parcouru par le bras expédie le projectile. Un contrepoids est nécessaire. Peu maniable mais utile pour la destruction des murailles, il propulse des blocs de 400kg.

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Le mangonneau repose sur le même principe du trébuchet, mais il envoie des pierres de la grosseur du poing. Efficace contre la cavalerie.

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L'arbalète apparaît dès le XIè. C'est un engin très puissant et récis.

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Le baliste est mu par un ressort . Il lance des pierres ou des boulets de 25 à 50kg à 75m. Il n'est pas réglable et sert surtout pour détruire les murailles.

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Le confort quand à lui était assez spartiate. Les pièces n'étaient pas toutes chauffées, car elles n'étaient pas conçues pour être habitées, mais servaient uniquement pour la garde. les garnisons étaient dans des campements en ville.

Il y avait des latrines, parfois des cheminées assez vastes,

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des coussières, sièges en pierre près des fenêtres

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Les fenêtres sont fermées par une toile huilée sur un cadre en bois avec des volets intérieurs. Les portes et les volets ont depuis disparus.

Quelques pièces ont des placards. Et pas d'eau, elle est apportée selon les besoins. Je plains le porteur d'eau vu que chaque tour à au moins une cinquantaine de marches!!

L'éclairage quand à lui est assuré par des torches ou des lampes à huile.

La vie était assez rude quand même.

Il est temps de vous parler de la tour la plus importante des fortifications: la Tour Constance.

Achevée en 1248, la grosse tour qui doit son nom à son aspect architectural est un énorme volume cylindrique construit sur pilotis, de 30m de haut, surmonté d'une tourelle de 11m et d'un diadème d'un diamètre de 22m.

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De 1575 à 1622 Aigues Mortes est l'une des 8 places de sûreté accordées aux protestants. La révocation de l'Edit de Nantes en 1685 engendre une dure répression du protestantisme. Dès 1686, comme d'autres tours, la Tour de Constance devient une prison pour les huguenots qui refusent de se convertir au catholicisme.

Mais cette tour est avant tout un ouvrage de défense qui était le sas de sécurité d'un château aujourd'hui disparut, conçue pour être imprenable grâce à des murs de 6m d'épaisseur.

Elle comprend un cul de basse fosse, une salle basse, une salle haute et la terrasse. On accède à ses différentes pièces par un escalier en vis de 135 marches.

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La salle basse, de plan circulaire est couverte d'une voûte à douze quartiers, dont les ogives retombent sur des culots sculptés, eux même portés par des colonettes polygonales. 4 archères ouvrent sur l'extérieur.

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Au nord, l'entrée est formée d'une double porte fermée par une herse en bois

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La cheminée date de 1868, un feu couvert en coupole s'ouvre dans celle ci.

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La clé annulaire de la voûte communique avec la salle haute.

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La salle haute servit de prison pour les protestantes au XVIIIè.

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Les 2 types d'archères

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Et nous voilà arrivés sur la terrasse d'où nous avons une superbe vue sur la ville et les environs

Bras du Rhône, le port

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les ruelles

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les toits

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les cloches de l'église Notre Dame des Sablons

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celles de la chapelle des pénitents gris

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La Tour de la Reine

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La Grande Motte

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de beaux jardins intérieurs

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Une très vieille maison

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une autre avec sa tourelle

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Une autre tour était intéressante, la Tour St Antoine, entièrement dédié à Saint Louis.

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projections sur les murs

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de nombreuses reproductions d'ouvrages et tableaux d'époque

Le roi confirme sa prise de croix, miniature de la fin du XVè.

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"Le roi presque à l'article de la mort prononce le voeu de se porter au secours de la Terre Sainte s'il réchappe à la maladie. Blanche de Castille s'y opposait, la santé du roi était chancelante et le royaume nécessitait la présence du Roi. Elle fit tout pour l'en dissuader, atguant que le délire dû à la fièvre pouvait li permettre de se délier de son voeu.

Le roi ayant retrouvé la santé et sa lucidité renouvela sa prise de croix auprès du pape et ses représentants."

Combat entre chrétiens et musulmans

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Comme je vous l'ai dit, au moment des guerres de religions, la plupart des tours furent transformées en prison. Ce sont les femmes qui y étaient emprisonnées, les hommes étaient envoyés aux galères. Les conditions de vie étaient extrêmements pénibles et beaucoup mouraient ou devenaient folles.

Voici leur histoire

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Ce sont les dernières résistantes libérées ou décédées dans la tour entre janvier 1767 et décembre 178 qu'évoquent ces chemises.

Toile de Jeanne LOMBART - 1907: prisonnières à la tour de Constance

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Ainsi se termine notre visite des remparts. Une visite très instructive sur la vie àcette époque un peu tourmentée.

Une vision de l'histoire qu'on ne nous apprend pas dans les manuels scolaires ou si peu. Il y avait vraiment beauoup de panneaux explicatifs dans les différentes tours, bien sûr je ne vous ai pas tout mis. Mais si vous en avez l'occasion, n'hesitez pas à grimper les 135 marches, vous ne serez pas déçues.

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