Profitant d'un rendez-vous sur Narbonne, nous sommes partis bien en avance pour nous ballader dans la ville.

Nos pas nous ont conduits au Musée Lapidaire que je connaissais mais pas mon mari. Et on a bien fait car il ferme définitivement le 7 octobre. Son contenu a déjà commencé à être transféré vers le nouveau musée de Narbonne, le Narbo Via qui ouvrira en 2020.

De style gothique méridional à nef unique et charpente reposant sur les arcs diaphragmes, l'église Notre Dame de Lamourguier subsiste d'un couvent de bénédictins détruit au XIXe siècle. Désaffectée depuis la Révolution, elle abrite aujourd'hui le plus grand musée lapidaire après Rome en exposant environ 1300 blocs de pierres antiques taillées et sculptées. Remployés dans l’enceinte de la ville, la plupart de ces blocs furent récupérés à partir de 1868, lors du démantèlement des fortifications du XVIe siècle ordonné par Napoléon III.

DSC_0107

DSC_0112

DSC_0113

DSC_0109

DSC_0110

DSC_0108

DSC_0111

Notre-Dame_de_Lamourguier_-_portail

Longue de 53,20 mètres, haute de 20 mètres l'église, reconstruite au XIIIe siècle, est de style gothique méridional, plus précisément languedocien et catalan, caractérisé par une large nef unique, couverte d'une simple charpente soutenue par six arcs diaphragmes maçonnés, dont le premier comporte une rupture de courbe rare dans ce genre d'édifice, prenant appui sur des contreforts très saillants, entre lesquels s'ouvrent des chapelles latérales rectangulaires. Au-dessus circule une galerie, aménagée au XIVe siècle, qui traverse les doubleaux et communique avec un triforium surmontant les chapelles du chœur. L'abside du chœur à sept pans est voûtée d'ogives qui retombent sur des consoles abondamment sculptées.

Une baie en plein cintre, sur le mur occidental, et le portail méridional semblent constituer les vestiges les plus anciens (fin XIIe siècle ?). À l'extérieur, le flanc sud porte une tour pourvue d'une tourelle pentagonale. Le chevet, accolé aux remparts, était crénelé et pouvait participer à la défense du bourg.

La nef

DSC_0009

DSC_0010

Les plafonds

DSC_0014

DSC_0027

DSC_0015

l'ancienne galerie

DSC_0021

DSC_0022

DSC_0025

DSC_0026

Issus de monuments publics ou funéraires gallo-romain, ces frises, dédicaces, bas-reliefs, chapiteaux, fragments de corniches, colonnes, racontent tous une histoire et sont de spectaculaires témoins de la vie à l’époque romaine.

DSC_0005

DSC_0006

DSC_0007

DSC_0008

DSC_0016

DSC_0017

DSC_0019

DSC_0020

une tombe

DSC_0012

une amphore

DSC_0023

A la Révolution le culte fut interdit, comme dans toutes les églises et l'édifice utilisé comme dépendance d'une caserne installée dans les bâtiments conventuels. Lors de la construction des Halles voisines, on démolit la caserne ; l'église faillit l'être aussi ; elle ne fut sauvée que grâce à son affectation en musée ; en 1869 la municipalité mit à la disposition de la Commission Archéologique de Narbonne l'église, qui est devenue le Musée Lapidaire. Le couvent des bénédictins fut détruit.

L'église de Sainte-Marie est citée dès 782 ; on sait qu'elle était au XIe siècle entre les mains des Nicolaïtes, clercs hérétiques. En 1078 ou 1086, elle fut affiliée comme prieuré régulier de l'ordre de Saint-Benoît à l'abbaye Saint-Victor de Marseille, prenant alors le nom de Beata Maria de la Morguia, Nostra Dona la Morguia ou Beata Maria de Monachia.

Au XVIe siècle, le prieuré est en pleine déshérence : en 1572, la messe n'y est plus célébrée ; en 1602, il n'y a plus que trois religieux, un prieur, un sacristain.

En 1662 l'archevêque de Narbonne François Fouquet, alors en exil à Alençon, poussa le prieuré à adhérer à la congrégation de Saint-Maur qui le restaura.

Plan de l'église

388px-Lamourguierplan

Une visite impressionante, et encore la moitié des blocs n'y était plus, du coup cela nous a permis de mieux voir ceux qui restaient et d'apprécier l'architecture de cette église.