En réservant la sortie kayak organisée par le Parc de la Narbonnaise ce dimanche, je n'imaginais que j'allais souffrir!

Déjà, le Cers, ce vent froid qui vient de la montagne noire, soufflait, du coup il y avait des vaguelettes sur l'étang qui bien sûr nous mouillaient; ce qui fait qu'au bout de 20 minutes j'étais complètement frigorifiée!( je me suis maudite de n'avoir pas pensé à emporter mon shorty de plongée). Et c'était sans compter sur mon épaule qui s'est subitement rappelée à moi, me faisant très mal; du coup c'est zhom qui a ramé pendant presque toute la ballade du matin!!

Heureusement la ballade de l'après midi s'est déroulée sous de meilleures conditions.

Notre parcours: en bleu la ballade du matin en kayak; en jaune, la ballade de l'après midi à pied.

1parcours

on s'équipe et en route

2 moi

Nous partons donc de l'école de voile de Port Mahon, traversons l'étang de Sigean, pour arriver à ce qui reste du canal des romains; il faut savoir qu'avant ici il y avait un avant port romain; les marchandises arrivaient par bateaux, étaient déchargées et acheminées par la terre jusqu'à Narbonne. Maintenant ce sont les sternes qui viennent nicher sur les roches.

3 canal des romains

Continuons le parcours, nous longeons l'île de Ste Lucie en direction de l'île de la Nadière,but de notre périple.

Un peu d'histoire:

Située dans l’étang de Sigean, au sud de Sainte Lucie, ce petit îlot rocheux de 5 000 m2, abritait autrefois plusieurs familles de pêcheurs. Il y eut jusqu'à 200 résidents permanents, et jusqu’à 300 personnes pendant la saison des pantanes (filets-barrages utilisés pour la grande saison de pêche à l’automne)

En 1946, la vie rude ainsi que les inondations fréquentes ont entraîné l’abandon de l’île par ses derniers habitants.

« En 1836, une épidémie de choléra frappait la commune de Gruissan, entraînant l'exode d'une centaine de pêcheurs et de leurs familles en direction de Sainte Lucie. La plupart fixèrent leur choix sur un minuscule îlot de l'étang de Bages-Sigean proche du hameau de la Nouvelle : la Nadière. Citée sous ce vocable dès le début du 18° siècle, l'île appartenait alors à une famille sigeanaise, les héritiers Pleix de Mézy. En 1844, elle fut rattachée avec Sainte Lucie à la toute jeune commune de La Nouvelle. L'année suivante, elle était attribuée aux Domaines.

Dix ans plus tard, 136 pêcheurs et leurs familles vivaient sur cet îlot insalubre, privés d'eau douce et isolés du reste du monde par les eaux d'un étang capricieux. Ils devaient s'approvisionner en eau douce et en vivres au village de la Nouvelle et la traversée de l'étang en barque n'était pas sans danger. Ils durent attendre 1869 pour voir la création d'un chemin d'accès reliant l'île à Sainte Lucie et que les tempêtes hivernales eurent tôt fait de mettre à mal. Une passerelle en bois fut construite en 1893 pour remplacer la chaussée détruite. Plus tard, en 1930, l'électrification de l'île était réalisée mais, déjà, sa population avait singulièrement baissé : 49 habitants seulement cette année-là, prémisse d'une disparition totale qui devait être effective à partir de 1945. En 1949, le démontage des lignes électriques était entrepris, l'île étant complètement déserte.

Malgré plusieurs tentatives de réhabilitation de l'habitat, l'île de la Nadière est aujourd'hui en ruines. »

Quelques vieilles photos trouvées sur le site: http://www.sitepln.fr/ile-de-la-nadière.html

vue aérienne 1940

01-nadiere vue aérienne1940

en 1904

02-nadiere 1904

03-nadiere

la passerelle 1906, qui permettait de rejoindre Sigean

04-passerelle 1906

en 1908

05-nadiere 1908

en 1932

06-nadiere 1932

en 1972

08-nadiere 1972

09-nadiere

et de nos jours

4 ile vues terre

la passerelle

5 passe

Sigean

7 sigean

l'usine Lafarge, qui gâche le paysage

6 usine

l'île vu depuis l'étang

8 ile vues étang

Et il faut reprendre les kayaks pour les cabanes de Sigean où a lieu le pique nique. Là j'avoue sans honte, avoir demandé de faire le trajet dans le bateau accompagnateur, trop mal à l'épaule.

Au pied de mon kayak, cette belle méduse

9 meduse

10 kayaks

Après nous être restaurés et reposés, nous enchaînons avec la marche de l'après midi qui nous mène vers les salins Grimaut.

Ces anciens salins sont remis en eau, non pas pour être exploités, mais pour servir de lieu de nidification aux flamands, sternes et autres oiseaux migrateurs. Du coup, certaines colonies de flamands restent tout l'hiver car ils trouvent suffisamment de nourriture;c'est le projet "envol", une belle idée.

Une martelière ou buget, qui permet la mise en eau des salins

12 martelière

Et de chaque côté, les canaux

11 canaux

Ce qui reste des passerelles qui délimitaient les parcelles et permettaient de travailler dans les salins

13 passerelle

Depuis les hauteurs, vue sur les salins

15 etang 1

16 etang 2

La route du retour le long de l'étang

17 retour

Et quelques oiseaux

Flamands

14 flamands

Grande aigrette, la 1ère que je vois

18 grande aigrette

Héron cendré

19 heron

Et voilà fin de cette journée sportive! Malgré une matinée un peu difficile pour moi, j'ai beaucoup aimé cette journée. On a vu et appris beaucoup de choses, grâce à Jean Luc le prof de voile et Mireille, l'animatrice du parc, qui nous a ravie avec ses contes et légendes, racontés avec passion. (je n'ai pas retenu les histoires dommage elles étaient passionnantes, notamment celle du corsaire Antoine Fuet et la légende du sel.) Mireille est une conteuse qui sait si bien captiver son auditoire!

Nous sommes rentrés à la maison fatigués, mais contents. Que ne ferais je pas pour vous offrir de beaux reportages!! LOL