A l'initiative d'une association et une communauté ancrée dans sa terre, les pouvoirs publics polynésiens avec le soutien de la France se sont investis dans le portage de cet ambitieux projet de labellisation de ce bien polynésien comme témoind'une civilisation ma'ohi et de son inscription  au patrimoine mondial de l'UNESCO;

Je n'aurai hélas pas l'occasion d'y aller avant mon retour en métropole, donc les photos que je mets proviennent du net.

Histoire de ce site.

Taputapuatea Marae

Sur l'île de Raiatea se trouve le site de Taputapuatea, le plus important temple religieux de la société polynésienne ; il est appelé Te-Pö. En tahitien le terme Pö désigne le monde invisible où vivent les ancêtres et les divinités, un royaume tabou,demeure des anciens dieux. Taputapuatea est un marae dédié au dieu 'Oro. Ce site sacré est connu des peuples polynésiens de Hawaï, de la Nouvelle Zélande et jusqu'aux îles Cook.
Selon la parole des anciens, c'est à Raiatea que des hommes venus de l'ouest sur d'immenses pirogues de voyage, ont débarqués il y a près de 1 500 ans. Ces hommes étaient les premiers polynésiens. A partir de cette île, ils auraient ensuite peuplé l'archipel de Hawaï et la Nouvelle Zélande, formant ainsi la base des populations polynésiennes : les Maoris et les Hawaïens.
Raiatea est donc considéré comme le berceau de la culture polynésienne.

Taputapuatea est un témoignage de 1 000 ans de civilisation ma'ohi.
C'est le site majeur pour les polynésiens, son histoire remonte aux mythes jusqu'à l'arrivée des premiers navigateurs européens. Il est le centre du pouvoir religieux et politique de ce qui a été appelé «  le triangle polynésien », une zone qui s'étend de Hawaï au nord, l'Île de Pâques à l'est et la Nouvelle Zélande au sud ouest.

Il en est aussi la source de leur généalogie, certains habitants de Nouvelle Zélande retrouvant la trace de leurs ancêtres à Raiatea.
Il est également représentatif de la relation particulière des polynésiens avec l'océan et leur maîtrise de la navigation : les premiers hommes débarquant à Raiatea seraient arrivés par la passe qui se trouve face au marae.
Cet ensemble cérémoniel Te-Pö, est emblématique de l'architecture monumentale de ces temples à la période protohistorique c'est à dire à l'heure où la civilisation polynésienne venait de naître.

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Passe sacrée  de TE-AVA-MOA

Il est le plus ancien de tous les marae royaux dans l'archipel de la Société. Il fut construit sous l'égide de la plus haute royauté à l'époque la plus reculée de l'histoire de l'île.
La plus grande plate forme atteint environ60 mètres de long et quarante cinq mètres de large, avec à une de ses extrémités de grandes dalles de corail dressées atteignant plus de 3 mètres de hauteur.
S'il existe des écrits sur ce temple, son histoire reste difficile à retracer de manière certaine. Non seulement il a porté plusieurs noms, Taputapuatea étant le dernier connu, signifiant « sacrifice venu de loin », ou encore « le sacré (tapu) venu de loin (atea), mais il est lié à tout le Pacifique ce qui complique la tâche des chercheurs.
Aujourd'hui une datation du site est encourse service de la culture et du patrimoine estime que son origine remonterait au XIIIè siècle, c'est à dire à l'époque de notre Moyen Age, période du règne de Saint Louis, des croisades et de Gengis Khan.

Si ce marae a une telle importance dans le triangle polynésien c'est qu'il a essaimé dans tout le Pacifique : ces pierres étaient transportées afin de fonder de nouveaux temples. Le culte de 'Oro, auquel le marae est consacré s'est ainsi propagé. Les prêtres, les guerriers, les artistes, les navigateurs, les danseurs qui emmenaient les pierres pour fonder de nouveaux temples ont aussi provoqué la transformation des organisations sociales des îles où ils arrivaient. On retrouve un marae Taputapuatea sur l'atoll de Fakarava, sur Tahiti et Moorea, mais aussi à Hawaï où 3 temples s'appellent Kapukapuakea.
Taputapuatea était le centre de toute l'organisation sociale et politique des îles du pacifique à l'époque pré européenne. C'est ici que s'est nouée une alliance interinsulaire. La coalition regroupait 2 groupes d'îles et ses représentants se rassemblaient selon un calendrier basé sur les astres et les saisons. Raiatea, Huahine, les Îles Cook et la Nouvelle Zélande étaient ainsi liés.
Des sacrifices humains s'y déroulaient. Sous la plus haute pierre dressée de la plus grande plateforme, 4 personnes ont été enterrées vivantes : ce sont les gardiens du marae.

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des arbres considérés comme sacrés étaient plantés dans l'enceinte des marae: le miro ou bois de rose, l'aito ou arbre de fer, le tamanu, ou comme ici le banian

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Des chercheurs pensent que ces UNU alignés au fond de la plateforme contre les pierres, étaient dressés à l'occasion de sacrifices humains; d'autres estiment qu'ils sont le lien entre les dieux et le marae.

Dans la logique polynésienne il y a 2 façons de se présenter : soit on décline sa généalogie sur sept générations, soit on décline le paysage d'où l'on vient : ma montagne c'est…. ; ma passe c'est…. ; ma pointe c'est…….
Le lien du site avec la nature l'environnant est déterminé par son orientation choisi selon les astres : Taputapuatea est construit en fonction de l'étoile de Sirius et l'orientation de la plateforme est perpendiculaire à la course du soleil, à 0,001° près !!
Même si aujourd'hui le site a perdu sa fonction religieuse, il conserve son pouvoir spirituel. En juillet 2015, les 7 membres du groupe des leaders polynésiens (Niue, les ïles Cook, Samoa, Tokelau, Tonga, Tuvalu et la Polynésie) y ont signé le PACT (Polynesian against climate threats), document qui a porté la voix des îles du pacifique à la Cop21.

Beaucoup de mystères entourent ce site. Les connaissances d'aujourd'hui reposent sur la tradition orale et le savoir des plus anciens, héritage de leurs ancêtres.
Le classement de ce site au patrimoine mondial de l'UNESCO serait la reconnaissance d'un peuple, de son histoire et de la richesse de sa culture.

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Mercredi