Deux nouveaux cas de braconnage dans la presse en ce début de semaine.

Décidemment les braconniers n'ont plus peur de rien, ni personne et sont chaque jour plus nombreux et destructeurs.

 

2 nouveaux braconniers de tortue interpellés à Moya

Gendarmerie : une pression sauvage sur l’environnement qui ne faiblit pas

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il y a maintenant un peu plus d’un an, le 26 février 2015 précisément, la collaboration entre les services du parc naturel marin, du Conseil général et de la brigade nature avait porté ses fruits avec l’interpellation en flagrant délit d’un braconnier multirécidiviste. Récidiviste qui, pour mémoire, avait écopé de 12 mois de prison dont 3 mois avec sursis, une amende de 300 euros, 1 euro de dommages et intérêts et 3 ans de suivi par un juge d'application des peines.

Al’occasion de cette arrestation à la peine semblant bien légère, le parc naturel marin dressait le bilan de l’année 2014 en matière de braconnage à mayotte. ainsi, en 2014, le remmat avait recensé 262 cas de braconnage de tortues marines sur l’ensemble du territoire de mayotte, ce qui correspondait à 83 % des cas de tortues mortes ou en détresse signalés. Les trois sites principaux de braconnage étaient situés au sud de l’île (Kani-Kéli / bandrélé) avec 137 cas de braconnage recensés, au nord (mtsamboro / acoua) avec 56 cas et sur petite- terre (dzaoudzi-labattoir / pamandzi) avec 28 cas. Le remmat avait pu établir ce bilan, notamment grâce à la coopération du grand public via une permanence téléphonique permettant de signaler la présence de mammifères marins ou de tortues, morts ou blessés (0639 69 41 41).

et le parc naturel marin (pnm) indiquait en livrant ses tristes chiffres qu’un “nombre significatif de cas” échappait inéluctablement à ce recensement, l’ampleur du braconnage à mayotte étant vraisemblablement beaucoup plus importante. Or, le pnm ne se trompait malheureusement pas puisque le recensement de 2015 indiquait à nouveau plusieurs centaines de tortues tuées.

Pour le savoir et afficher ses données, le réseau met en évidence depuis 2010 l’importance du braconnage des tortues marines à Mayotte et la menace qu’il représente pour la préservation de ces espèces. iI organise encore ponctuellement le ramassage de carapaces sur les plages les plus touchées par le braconnage, dans un objectif de sensibilisation du public et pour le “comptage” des tortues tuées par braconnage.

Ainsi, le 24 février 2015, l’opération conduite sur quatre plages du sud de l’île (plages de Charifou - commune de Kani- Kéli) avait permis de collecter près de 80 carapaces entières ainsi que de nombreux autres ossements de tortues marines, dévoilant un terrible charnier. L'émotion était au rendez-vous et il était permis de croire que le sanctuaire du lagon face à l’ampleur du désastre ferait alors l’objet de beaucoup plus d’attention et de protection de la part des autorités

Cela n’aura pas été le cas, au contraire même puisque 2015 aura été une année noire en la matière, comme l’a démontré l’opération menée en décembre dernier sur l’ilot m’tsamboro.

un recensement a été organisé sur toutes ses plages et plus de 80 carapaces entières ont été comptabilisées au cours de cette journée. les braconniers semblent être de plus en plus discrets pour camoufler leurs actes. En effet, les restes des tortues tuées ont été retrouvés en majorité dissimulés dans la végétation, voire brûlés. Cette opération a permis de mettre à jour les chiffres du bracon- nage pour l’année 2015, s’élevant ainsi à plus de 300 tortues tuées par bracon- nage. toutefois, le recensement entrepris tout au long de l’année par le réseau ne reflète que la partie visible du braconnage, révélée par les traces et ossements laissés sur les plages ; il n’est qu’une sous- estimation du nombre réel d’actes de braconnage sur Mayotte” détaillait le parc naturel marin avec beaucoup d’amertume.

Le phénomène s’est donc encore amplifié et la question de savoir si le lagon mahorais est bien protégé se pose. “Une des actions du REMMAT vise à dénoncer le braconnage et à en suivre son évolution. En fournissant les éléments nécessaires à la planification de missions de surveillance et de contrôle, le REMMAT apporte ainsi un soutien précieux aux services en charge de la lutte anti-braconnage. Des actions quasi quotidiennes de présence dissuasive nocturne sur les plages de ponte les plus fréquentées par les braconniers sont actuellement menées, notamment par le Conseil général. D’autres actions à visée plus judiciaire sont menées par la brigade nature de Mayotte, le Parc Naturel Marin de Mayotte et les douanes, et ciblent depuis plusieurs mois l’interpellation des auteurs des faits en flagrant délit. Parallèlement, des initiatives associatives contribuent également à la lutte anti- braconnage : par exemple l’association oulanga na nyamba assure ponctuellement une présence dissuasive sur les plages de petite-terre” indiquait le PNM en fin d’année 2015 .

Au-delà du préjudice écologique et économique qu’infligent les braconniers et les consommateurs de tortues au patrimoine de Mayotte, “ces derniers risquent jusqu’à 1 an de prison et 15 000 euros d’amende” rappelle le pPNM. Certes, mais au regard des peines infligées pour un récidiviste, ou même un tueur de dugong comme cela s’est produit il y a quelques mois, les braconniers ne semblent guère impressionnés.

Pour preuve, ce nouveau cas révélé en petite-terre. Le 27 février, au matin, les gardiens de la plage de Moya ont constaté des traces de sang, signe du braconnage récent d'une tortue. Is sont parvenus à remonter les traces qui les ont menés jusqu'à un banga où le cadavre de l'animal semblait avoir été transporté. La police municipale de Dzaoudzi-Labattoir puis les gendarmes de la brigade de Pamandzi ont alors été avisés. Ces derniers ont interpellé 2 individus et les ont placés en garde à vue.

Sur place, les enquêteurs ont fait une macabre découverte puisqu'ils ont retrouvé la carapace, mais aussi plusieurs morceaux de l'animal dépecé dont certains étaient déjà en cours de cuisson, ainsi qu'une centaine d’œufs. Il manquait encore plusieurs dizaines de kilos de viande manifestement déjà vendus. les mis en cause ont reconnu leur participation tout en la minimisant.

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“Ils auront à répondre de leur barbarie devant le tribunal correctionnel le 24 mai prochain” détaille la gendarmerie nationale. Pour l’heure, les investigations se poursuivent.

Le massacre se poursuit donc à travers l’île lorsque le Conseil départemental travaille sur le montage du dossier d’inscription du lagon de Mayotte au patrimoine de l’UNESCO..

En attendant, une dernière question se pose : est-ce du braconnage pour revente de la viande répondant ainsi à une demande ou n’y a-t-il pas une forme de survie qui se cache derrière ce désastre? Dans les deux cas, la réponse semble être oui, certains tirent profit de la viande de tortue malgré l’interdiction et le danger pour la santé qu’il y a à en consommer et d’autres en revanche, utilisent ce moyen pour survivre.

Samuel Boscher

FMMdu 1/3/16

Et ce deuxième cas: 

Nature en danger

Encore des tortues braconnées à Saziley ! 

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Depuis plusieurs mois, l’association des Naturalistes de Mayotte constate une intensification des actes de braconnage de tortues sur la plage de Saziley, à raison d’une à deux découvertes par mois. Habitués à fréquenter le site de Saziley pour l’organisation de bivouacs qui visent notamment à assurer une présence et dissuader la visite de braconniers sur cette plage, les Naturalistes ont cepen- dant fait la découverte d’une nouvelle tortue braconnée, lors d’un bivouac du 27 au 28 février derniers.

Les Naturalistes ont aussitôt alerté le REMMAT, afin de contribuer à l’observation de ces actes irresponsables qui mettent en péril

l’avenir de cette espèce emblématique à Mayotte. Malgré toute l’importance écologique et touristique de Saziley comme site de ponte de tortues, cet espace reste un lieu sans surveillance où le braconnage ne cesse d’opérer.

(Photo:DR) LNM du 2/3/16

Quand ils auront tué toutes les tortues de Mayotte, ils feront quoi pour vivre et manger? Tueront-ils les humains??

Il n'y aura plus de tortues dans le lagon, tout comme il ni a plus beaucoup de poissons, ni de coraux. Quand aux baleines et aux raies, à force d'être harcelées par des hordes de touristes avides de sensations et de photos chocs, il ne faudra pas s'étonner de les voir déserter le lagon, pour des eaux plus sereines.

La race humaine file droit à son auto destruction!!