Lu dans Le Journal De Mayotte.

Une campagne choc certes, mais qui j'espère va marquer les esprits et faire prendre conscience aux gens de la richesse du lagon qu'il faut à tout prix préserver.

La campagne choc contre «les tueurs et les mangeurs de tortues»

Publié le mardi 7 avril 2015 à 16:22

Depuis quelques jours, les grands panneaux de publicité de Mayotte diffusent une campagne inédite contre le braconnage des tortues. Ce sont tout autant les braconniers qui sont visés que les acheteurs de viande de cette espèce protégée.

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«Tueurs et mangeurs de tortues, vous détruisez Mayotte». Impossible en ce moment de rater le slogan écrit en Français et en Mahorais, en blanc et rouge sur fond noir. A Mamoudzou comme dans la brousse, la campagne contre le braconnage des tortues s’affiche sur les panneaux de pubs à l’entrée de nombreux villages. L’objectif : faire parler, faire réagir et compléter les actions de terrain pour faire évoluer les mentalités.

Depuis le dernier trimestre 2014, la lutte contre le braconnage des tortues connaît une nouvelle impulsion, combinant les efforts de la préfecture, de Parc naturel marin et des différents organismes impliqués. «Des opérations de dissuasion sont conduites par le Parc et le Conseil général une semaine par mois, soit cinq nuits de présence dissuasive sur les plages de ponte», indiquaient, il y a quelques semaines, le Parc naturel marin, la Brigade nature, et le Réseau échouage de mammifères et de tortues marines (REMMAT), dans un communiqué conjoint.

Ponctuellement, des tournées de surveillance sont aussi organisées. Et cette année, les missions se font plus précises. En plus de ces actions sur les plages de ponte, des actions de surveillance nocturne sont instaurées avec les douanes et la Brigade nature. Cette fois, il s’agit d’interpeller les auteurs de braconnage en flagrant délit.

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Carapaces de tortues braconnées sur une plage de Mayotte (Crédits photo : Katia 

Ballorain/Agence des aires marines)

262 braconnages recensés

 

Le JDM avait assisté au début du mois de mars dernier, à l’audience en comparution immédiate d’un braconnier multirécidiviste, surpris avec des sacs remplis d’une tortue fraichement dépecée. Il a été condamné à 12 mois de prison dont 9 fermes, une amende de 300 euros, et 3 ans de mise à l’épreuve pendant lesquels le juge d’application des peines suivra attentivement ses comportements.

Avec une surveillance accrue, ces cas de flagrant délit pourraient se multiplier car le braconnage de tortues marines est loin d’être exceptionnel à Mayotte. Sur l’année 2014, le REMMAT en a recensé 262, répartis sur l’ensemble du département. On en trouve aussi bien dans le sud (Kani-Kéli et Bandrélé) avec 137 cas de braconnage recensés, dans le nord (Mtsamboro et Acoua) avec 56 cas que sur Petite Terre avec 28 cas.

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Tortues, dugongs et dauphins, ensemble dans la même campagne de sensibilisation

Tous concernés

Dans ce travail de comptage macabre, le REMMAT organise ponctuellement le ramassage des carapaces dans les zones les plus concernées. Le 24 février dernier, à Charifou dans la commune de Kani-Kéli, 78 carapaces entières ont été collectées ainsi que d’autres ossements de tortues marines.

Même si nous ne sommes pas directement concernés, sachez que nous avons tous un rôle à jouer. Chacun de nous est invité par le REMMAT à contacter une permanence téléphonique pour signaler des animaux morts ou blessés sur les côtes (0639.69.41.41). Cela concerne les tortues mais aussi les mammifères marins qui bénéficient, eux aussi, de la campagne actuelle de sensibilisation.

Voilà donc une initiative à laquelle j'adhère totalement. J'espère que les mentalités vont changer. est-ce un vain espoir? L'avenir nous le dira.