Les dramatiques évènements de la semaine dernière ont occultés un évènement important de l'histoire de Mayotte: la commémoration de la mort de Zéna M'Déré

Cérémonie d'hommage aux Chatouilleuses

Deux jours pour commémorer la mémoire de Zéna M’dere, la mère de Mayotte et celle qui était à la tête du mouvement des chatouilleuses.

Cet événement a été organisé pour se souvenir de l’histoire de Mayotte, afin de saluer ces femmes qui ont marqué les combats politiques pour l’intégration de l’île dans la république française.

l’idée était aussi de permettre aux plus jeunes de connaître l’histoire de mayotte. 

Je me suis penchée un peu sur cette partie de l'histoire de mayotte que je ne connais pas.Voilà ce que j'ai trouvé sur le blog de Fabien BENARD, ici

Les « Sorodas », les chatouilleuses, sont des femmes de Mayotte qui se sont battues, dans les années 1960 et 1970, pour réduire l'influence des autres îles de l'archipel des Comores sur Mayotte et arrimer cette dernière à la République française.

Entrainées par Zéna M'Déré, elles agissaient par le biais de commandos prenant à partie les responsables politiques comoriens en visite, pour les soumettre à des chatouilles et ainsi les forcer à s'aligner sur leurs positions ou à quitter l'île Une femme de fort caractère, cette Zéna Mdéré, 46 ans, enseignante coranique, qui rentre de Madagascar et ne reconnaît plus Mayotte. La large autonomie accordée depuis cinq ans par la France aux quatre îles comoriennes pénalise les Mahorais les premiers à être devenus français, en 1841.

Mayotte a notamment perdu la capitale transférée à Moroni, à Grande Comore. Zéna Mdéré s'engage avec le leader pro-français Georges Nahouda. Zaïna Meresse se joint aussitôt à eux: «On a dit non. On s'est dit: 'On va être esclave des Anjouanais et des Grands Comoriens, vaut mieux être esclaves des Français!' On a décidé de se mettre debout. »

Dès le 2 août 1966, Zéna Mdéré et Zaïna Meresse défilent en tête d'une manifestation de femmes. La plupart sont illettrées. « Je n'avais pas été à l'école, nos mamans ne voulaient pas qu'on devienne des mzoungous» (des blancs). Les notables répondent aux manifestantes par le mépris, ce qui nourrit un peu plus leur révolte. C'est alors qu'elles lancent une curieuse action de commando. «On s'est dit: on va les chatouiller; frapper quelqu'un, ça fait mal et on peut aller en prison ». La première victime du « Commando des Chatouilleuses », les Sorodas, est le ministre Mohamed Dahalane. « On était une cinquantaine de bonnes femmes, on s'est mis à le chatouiller pour le faire partir. »

Le ministre titillé, taquiné, gratouillé jusqu'à perdre sa veste, reprend l'avion, humilié. De retour à Grande Comore, il raconte sa mésaventure. L'entourage s'en amuse. « Un autre dit: 'Moi, je vais y aller'. Et, on le chatouillait aussi! » Et ainsi de suite. Dès qu'un avion approche de l'aéroport, à Petite Terre, avec à son bord un « serrez-la-main », un responsable indépendantiste, l'action s'organise: « On avait notre signal. 'Yououou, Yououou...' et tout le monde arrivait. » Elles infligent aux gendarmes qui leur font barrage, un vrai rire de mule en les chatouillant.

Amusante en apparence, l'action n'en provoque pas moins des tensions, jusqu'au drame du 13 octobre 1969 quand l'une des Chatouilleuses, Zakia Madi, meurt lors d'un affrontement entre partisans et adversaires de l'indépendance, sous les balles des forces de l'ordre comoriennes. Zakia Madi est assassinée et enterrée aussitôt.

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N'étant pas à Mayotte en ce moment je rate donc cette commémoration, mais surtout l'exposition attenante. Dommage.