Avant mes vacances, il y a eu des articles parus dans nos journaux, concernant la découverte d'une ancienne usine sucrière à Coconi. Cette découverte s'est faite alors que devait se construire une nouvelle station d'épuration. Le chantier fut donc arrêté pour permettre aux archéologues de faire le travail.

Puis le site va être détruit pour permettre la construction de cette nouvelle STEP. Là çà me met hors de moi: détruire des sites archéologiques, témoin du passé de Mayotte est pour moi une abhération totale, et je n'ai pas compris pourquoi aucune association de défense du patrimoine n'a levé le petit doigt pour que le site ne soit pas détruit!

Une visite du site a été organisé, à laquelle hélas je n'ai pas pu participer puisque j'étais en Métropole.

Je vous mets des extraits d'articles de journaux et des photos pour vous donner une idée

CHICONI : UN GOÛT D'INDIANA JONES

LA SUCRERIE DU DOMAINE DE COCONI

Une équipe de l’Institut national des recherches archéologiques préventives (Inrap) intervient actuellement à la demande de la Direction des affaires culturelles de la préfecture sur l’ancienne usine sucrière du domaine de Coconi à Ouangani. Il s’agit de la première fouille d’archéologie préventive organisée à Mayotte. Un diagnostic réalisé en 2013 a révélé les restes d’une petite sucrerie. Aujourd’hui, cette opération de fouille, sur 500m2 est menée en amont des travaux de construction de la station d’épuration du centre. Jusqu’au 3 juillet, quatre archéologues de l’Inap vont ainsi fouiller les vestiges, collecter des données sur l’architecture, l’organisation de la sucrerie, son évolution, le mode de vie de ses occupants ainsi que son fonctionnement. Les vestiges de l’ancienne sucrerie sont situés sur la commune d’Ouangani, aux limites de celles de Sada et Chiconi. Des bâtiments, en partie effondrés sont installés sur plusieurs terrasses entre la RN2 et la rivière Mro wa Coconi. On a aussi trouvé sur place des pièces de machines, éparpillées autour de ces vestiges. Elles correspondent à l’inventaire établi en 1873 après le décès de M. Cadet, connu pour être le dernier exploitant du domaine de Coconi. Ce domaine est un des petits établissements sucriers qui fonctionnèrent pendant la brève période industrielle de l’île. L’opération de fouille concerne principalement la zone de production dont les vestiges sont les mieux conservés. Son but est de dégager, puis d’identifier les différentes parties de l’usine de manière à restituer la chaine de production. Le processus se compose de plusieurs étapes : la chaudière principale alimente le moteur à vapeur qui permet le broyage par le moulin à cannes. Le mode de construction associe matériaux importés (briques de Montoire, machines d’origine nantaise ou britannique...) et ressources locales (moellons basaltiques et chaux corallienne). Les vestiges de cette usine sucrière datant probablement de 1850, dûment répertoriés disparaîtront avec le nouveau chantier de la STEP. Mais que l’on se rassure, photos, relevés topos et description détaillée seront consignés dans les rapports de l’INREP. Du coup le souvenir de la plus petite usine sucrière de l’île ne disparaîtront pas à jamais.

 

usine sucrière de Coconi P1

 

usine sucrière de CoconiP2

 

usine sucrière de CoconiP4

 

usine sucrière de CoconiP5

 

Et cette semaine, mon mariqui supervise ce chantier a pu me faire des photos du site avant sa complète disparition

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Franchement n'est-ce pas que c'est idiot et dommage de faire disparaître un tel site? D'autant que c'est pas la place qui manque à Mayotte pour y construire leur foutu STEP!!

Heureusement qu'il reste d'autres vestiges un peu partout dans l'île. mais quand même c'est un peu la mémoire de Mayotte qui disparaît ainsi, tout comme les jolies cases SIM dont il ne reste plus beaucoup d'exemplaires et qui sont elles aussi amenées à disparaître.